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Le permis de conduire, permis à points par Me FARAJALLAH, Avocat du Cabinet de Passy


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Le système du permis de conduire "permis à points" introduit en juillet 1992, a été modifié par la loi du 12 juin 2003 "renforçant la lutte contre la violence routière". En 2004, 36 392 permis avaient été invalidés du fait de la perte totale des points. C'était un record à l'époque !

Devant l'explosion du nombre de jeunes conducteurs roulant sans permis (après la perte totale des points), le système a été assoupli par la loi du 7 mars 2007 : doté d'un capital de 6 points, le jeune conducteur récupère 2 points chaque année en l'absence d'infraction pendant 3 ans.

En 2008, ce sont pourtant 98 057 permis qui ont été invalidés. Le gouvernement a dû apporter dès lors des assouplissements par la loi du 15 mars 2011.

Ainsi en 2014, 77 288 permis ont été invalidés, en retrait de 9,3 % par rapport à 2013.

 

Les procédures de retraits de points du permis de conduire ne sont pas toujours très claires : à la sanction pénale prononcée par un tribunal (amende, stage de sensibilisation, suspension du permis, ...) s'ajoute la sanction administrative prononcée par le Préfet (suspension éventuelle du permis de conduire et le retrait de points ordonné par le Ministère de l'intérieur. L'aide d'un avocat en droit routier ou "avocat permis de conduire", comme certains l'appellent se révèle alors indispensable dans ce maquis procédural.

En outre, contester pour le profane, n'est pas des plus simple : consignation, envoi en recommandé de l'original de 'linfraction, lettre motivée ... Le parcours est semé d'embûches quand ce n'est pas l'Officier du Ministère Public qui fait barrage à l'accès au Tribunal.

Aujourd'hui, le permis de conduire se gère ...

Prendre un avocat la défense de son permis de conduire est devenu aujourd'hui courant et un véritable marché s'est instauré autour du permis à points obligeant le conducteur à être vigilant : certaines officines n'ayant rien de juridique se targuent de défendre votre permis de conduire et certains avocats s'improvisent soudainement "spécialistes du droit routier" alors que leurs connaissances en ce domaine sont limitées. "Avocatdupermisdeconduire.com" ou "avocatdroitroutier.com" ne sont pas des gages de sérieux ni d'expérience en permis de conduire au contraire ..

Le cabinet de Passy, pour sa part, a développé un département droit routier depuis plus de 15 ans. Spécialiste en droit pénal, le cabinet collabore avec de nombreux media et est l'avocat conseil du site MOTOSERVICES.COM. Le cabinet traite des dossiers de permis de conduire au quotidien, qu'il s'agisse de perte de points ou d'infractions routières.

 

I./ La règlementation du permis à points

Le permis à points est réglementé par les articles L. 223-1 à L. 223-8 du code de la route et R. 223-1 à R. 223-13 du code de la route. Ainsi, le nombre de points est réduit "de plein droit" (c'est à dire automatiquement par l'administration) si le titulaire a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. La perte des points n'est que la conséquence automatique d'une condamnation par un juge pénal ou du paiement de l'amende forfaitaire : le juge déclare coupable (ou le contrevenant paye la contravention forfaitaire ou encore, il ne conteste pas l'amende forfaitaire majorée) et automatiquement le Ministère de l'intérieur retire les points. Le juge n'a aucun pouvoir sur le retrait de points, ni sur le nombre de points retirés. Toute contestation à ce sujet devant lui est inutile.

Initialement, le permis est affecté d'un capital de 12 points. Il n'est que de 6 points pour les conducteurs ayant obtenu leur permis après le 1er mars 2004, et ce, pendant une période probatoire de 3 ans, ou 2 ans en cas de conduite accompagnée.
Quelle que soit la catégorie de permis dont une personne peut être titulaire (A, B, C ou D), le permis est considéré dans sa globalité à l'égard d'un même conducteur : ainsi, l'annulation du permis " voiture " entraînera de facto l'annulation de toutes les autres catégories de permis dont une personne pouvait être titulaire.


II./ le retrait de points du permis de conduire

Comme déjà indiqué, ce n'est pas un Tribunal qui retire les points mais l'administration, plus précisément, le Ministère de l'intérieur. Les retraits de points font l'objet d'un traitement automatisé centralisé dans ce Ministère. Chaque conducteur a donc un dossier à son nom, reprenant l'ensemble des infractions commises et le nombre de points restants.

Comment consulter son solde de points ?

  • En consultant le site telepoints si vous êtes en possession de votre numéro de dossier et de votre code confidentiel consulter le site telepoints
  • En vous rendant dans n'importe quelle Préfecture ou dans une sous-préfecture raccordée au Système National des Permis de Conduire
  • Par courrier, en joignant la photocopie de votre permis de conduire, une pièce d'identité et une enveloppe affranchie au tarif LRAR (trouver une Préfecture)

A - Le retrait des points sur le permis interviendra :

1 - soit après paiement de l'amende forfaitaire
Dans cette hypothèse, en payant l'amende, le contrevenant reconnaît l'infraction. Il renonce ainsi expressément à être entendu par le Tribunal de police. Le fait de ne pas payer l'amende n'évitera pas le retrait de points. En effet, dans ce cas, l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée suffit à établir la réalité de l'infraction;

2 - soit après déclaration de culpabilité par le Juge pénal (tribunal de police ou tribunal correctionnel)
Le juge qui a toute latitude pour condamner ou pas, n'a en revanche aucun pouvoir d'appréciation sur le nombre de points retirés;

3 - soit, enfin, par l'acceptation de la sanction proposée par le Procureur de la République dans le cadre d'une "composition pénale".

Lorsque la réalité de l'infraction est définitivement établie, le conducteur va alors recevoir une lettre de la part du Ministère de l'intérieur (formulaire 48) l'informant du nombre de points retirés de son permis.
Il faut savoir que l'admnistration n'est pas tenue par des délais pour adresser cette lettre. Il peut donc y avoir un décalage entre la date de retrait de points (date à laquelle la condamnation devient définitive) et la date d'envoi du formulaire 48 informant du retrait de points opéré.

B - Le barême des retraits de points

S'agissant d'une sanction automatique, à chaque infraction correspond un nombre de points
En cas de cumul d'infractions, on ne peut perdre tous ses points en une seule fois. En effet, si plusieurs contraventions ont été commises simultanément, on ne peut perdre au maximum que 8 points. En revanche, le titulaire d'un permis probatoire, peut voir son permis invalidé avec une seule infraction à 6 points (alcoolémie, grand excès de vitesse, délit de fuite, .... ) !


III./ Comment reconstituer son capital de points sur son permis de conduire
(article L. 223-6 du code de la route)


A/ Pas de nouveau retrait de points avant 3 ans (2 ans depuis la loi du 14/03/11) : récupération des 12 points

Si dans un délai de 3 ans (2 ans pour les infractions commises après le 1er janvier 2011) le conducteur ne commet pas de nouvelle infraction entraînant retrait de points, les points précédemment perdus sont récupérés automatiquement. Le permis se voit ainsi réaffecté du nombre maximal de points. Toutefois le délai de récupération totale des 12 points sera de 3 ans lorsque l'infraction commise est un délit ou une contravention de 4ème ou 5ème classe (excès de vitesse de plus de 20 km/h par exemple).

A partir de quand court ce délai de 3 ou 2 ans ?

  • Soit à compter de la date du paiement de la dernière amende forfaitaire ;
  • Soit de l'émission de la dernière amende forfaitaire majorée qui n'aurait pas été contestée ;
  • soit de l'exécution de la dernière composition pénale ou de la dernière condamnation définitive.

Il est donc essentiel de connaître sa situation précise avant de régler une infraction : à quelques mois de reconstituer tout son capital de points, le règlement d'une amende n'entraînant le retrait que d'un seul point, peut s'avérer en réalité beaucoup plus sévère .. C'est alors un point qui en coûte plusieurs !


B/ En effectuant un stage : récupération de 4 points

1) Les conditions

  1. Ne pas avoir suivi de stage analogue moins d'un an avant la date du stage.
  2. Disposer au minimum d'un point sur votre permis de conduire à la date du stage
  3. Avoir effectivement perdu des points à la date du stage

2) L'objet du stage

Il s'agit d'un stage dit de "sensibilisation à la sécurité routière" se déroulant sur 2 jours (16 h minimum de formation) auprès d'organismes privés spécialement agréés par la Préfecture. (trouver un stage de récupération de points)

Ce stage est facturé par l'organisme lui-même qui fixe librement son tarif. En général, le prix du stage tourne autour de 250 €.
Pour les permis "probatoires" (permis de moins de 3 ans obtenu après le 29/02/04 ou de moins de 2 ans si suivi de la filière conduite accompagnée), lorsque le conducteur a commis une infraction ayant donné lieu à un retrait de 3 points au minimum, il doit se soumettre à cette formation spécifique qui se substitue à l'amende sanctionnant l'infraction. Ainsi, le jeune conducteur n'a pas à payer à la fois l'amende et la formation : dans la pratique, il paye d'abord l'amende puis se fait rembourser sur justificatif du stage accompli.
Les points ainsi récupérés (4 points) seront crédités sur le permis le lendemain de la dernière journée de stage.


C/ Les retraits d'un point

Le retrait d'un seul point sera rattribué au bout de six mois à compter de la date à laquelle l'infraction est considérée comme définitive (infractions commises à compter du 1er janvier 2011), si le conducteur n'a pas commis de nouvelle infraction dans l'intervalle.

 

D/ Après 10 ans, les points retirés sont restitués

Sans effectuer de stage, si de nouvelles infractions sont commises dans les 3 ans, la seule façon de récupérer les points retirés est d'attendre 10 ans (à compter de la date à laquelle la condamnation est devenue définitive ou du paiement de l'amende forfaitaire correspondante). Le permis n'est réaffecté que des points correspondants à l'infraction. Cela suppose qu'entre-temps le permis de conduire n'ait pas perdu tous ses points.


IV./ Contester les retraits de points

Le retrait de points sur le permis de conduire est une mesure administrative et la contestation est adressée uniquement au Ministère de l'intérieur et au tribunal administratif. Il n'est pas nécessaire de n'avoir plus de points pour contester : chaque retrait de point est une décision contestable. Lorsque les 12 points ont été retirés, l'automobiliste se voit adresser par le Ministère de l'intérieur une décision 48 SI lui notifiant l'interdiction de conduire et lui faisant injonction de restituer son permis de conduire. Le refus de restituer le permis de conduire malgré injoinction, est puni par la loi car il s'agit d'un délit.

Néanmoins, il y a une solution .. En effet, le système présente des failles juridiques que nombre d'automobilistes ont déjà exploité : le contentieux du permis explose tant les résultats obtenus sont favorables. Entre 2000 et 2009, il y a eu une augmentation de 500 % des dossiers liés au permis de conduire devant les tribunaux administratifs. Toutefois, depuis quelques années, la jurisprudence s'est largement durcie. Afin de dissuader davantage les contestataires, il n'est plus possible de faire appel des jugements du Tribunal administratif dans le contentieux du permis de conduire à partir du 1er janvier 2014.


A/ Les obligations de l'administration (article L. 223-3 du code de la route)

Au moment où une infraction entraînant retrait de points est relevée à son encontre, l'automobiliste (ou le motard) doit être informé :
" .. des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9.
 Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès.
Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif".

Bref, un certain nombre d'informations doivent être portées à la connaissance du contrevant par un document, remis par l'agent verbalisateur ou adressé par les services de police ou de gendarmerie. Ce n'est qu'alors que le Ministre de l'intérieur, constatant la réalité de l'infraction, peut réduire en conséquence le nombre de points du permis et en informer l'intéressé par le formulaire 48. Lorsque le permis aura perdu tous ses points, c'est le formulaire 48 SI qui sera adressé : le titulaire du permis n'a plus le droit de conduire à réception de cette lettre et il devra restituer son permis en Préfecture.

En cas de refus, l'intéressé encourt une peine pouvant aller jusqu'à 2 ans d'emprisonnement et 4500 € d'amende.

Les informations qui doivent être données au contrevenant ont été jugées "substantielles" par le Conseil d'Etat, c'est à dire "essentielles". Leur absence entraîne la nullité du retrait de points opéré.
Dans la pratique, l'information obligatoire est contenue dans une notice "information concernant le permis de conduire", lorsque cette notice est bien remise. L'information est également contenue sur l'avis de contravention remis au contrevenant.

Si l'administration ne rapporte pas la preuve de l'information donnée, ce qu'elle a le plus grand mal à établir, le retrait de points est alors jugé illégal.

 

B/ Les procédures de contestation

C'est lors de la verbalisation que le conducteur doit recevoir l'information obligatoire. Cette information est remise soit sur une feuille volante, soit donnée oralement et consignée dans un procès-verbal d'audition soit enfin, elle est contenue dans le procès-verbal de contravention.

Mais quelle que soit la méthode d'information, c'est au Ministère de l'intérieur de démontrer que cette information a bien été donnée lorsque le contrevenant le conteste. La contestation peut être formée par deux moyens :

1) Le recours administratif

Il est possible de contester le retrait de points ou l'invalidation du permis pour solde nul, dans les deux mois de la notification (information par LRAR). Cette contestation qui constitue un recours est à adresser au Ministère de l'intérieur en courrier recommandé. Le Ministère de l'intérieur dispose alors d'un délai de deux mois pour répondre. En l'absence de réponse, cela vaut décision implicite de rejet. Vous disposez alors d'un délai de 2 mois pour saisir le Tribunal administratif. C'est le recours contentieux. Si le Ministère n'a pas accusé réception de votre recours, il ne pourra vous opposer avoir attendu plus de deux mois pour saisir le Tribunal.

2) Le recours contentieux

C'est la procédure qui est menée devant le Tribunal administratif. Elle est appelée "procédure au fond". L'objectif est d'obtenir l'annulation des retraits de points contestés. La procédure est longue (environ deux ans) et elle ne suspend pas l'éventuelle décision du Ministère vous faisant interdiction de conduire.
En cas d'urgence (nécessité de conduire pour la profession par exemple), il est possible d'engager en même temps devant le Tribunal une procédure de référé-suspension : le référé suspension aura pour objectif d'obtenir du Président du Tribunal qu'il suspende la décision d'invalidation du permis de conduire. En clair, c'est le droit de conduire le temps de la procédure au fond. La décision est rendue sous 3 semaines environ. On ne peut engager de procédure de référé sans engager de procédure au fond.

Les jugements rendus en la matière par les Tribunaux administratifs sont très favorables aux automobilistes tant le Ministère a les plus grandes difficultés à faire la preuve qu'il a bien rempli son obligation d'information. Toutefois, la jurisprudence tend à se durcir. A l'issue d'un jugement favorable, l'automobiliste récupère tout ou partie des points annulés sur son permis. L'inconvénient de cette procédure est la longueur : Il ne faut pas être pressé car selon les tribunaux, les jugements sont rendus en moyenne entre 1 et 3 ans.

Le Cabinet de Passy se tient à votre disposition pour examiner vos chances de succès.

 

 

 

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